19 janvier 2007
Carte Dufour- Dufour map
adresse pour citer cette page: http://www.servumpecus.canalblog.com/archives/2007/01/19/
Dernièrement, j'ai reçu le CD rom Dufour map: c'est une petite merveille...!
En effet:
"La Dufour Map est le premier produit interactif qui permet la comparaison entre la carte Dufour historique et la carte nationale Suisse actuelle 1:100 000 en recourant aux techniques les plus modernes.
Il est possible de consulter ou de comparer des extraits de cartes côte à côte, voire de passer de l'un à l'autre en fondu enchaîné. Les modifications subies par le paysage apparaissent rapidement, de sorte que «Dufour Map» donne un tour particulièrement concret à l'évolution historique en nous permettant de constater à quel point notre environnement a été bouleversé au cours des 150 dernières années".
Changement de l'environnement durant ces 150 dernières années ?!? On ne fait pas si bien dire !!
Qu'en est-il du fameux glacier d'Aletsch ?
Du glacier du Rhône ?
Le glacier de Zmutt près du Cervin ?
Les glacier Sonadon et de Valsorey près du Grand Combin ?!? Pratiquement disparu !!
L'Adula (Rheinwaldhorn) ?!?
Les glaciers près du Piz Medel et de la Punta Cristallina ?!?
Les langues de glace qui léchaient le Leckihorn et la Punta Rotondo ???
Les glaciers Oberaar et Unteraar ?
Le Flüela Weisshorn (le mal nommé)... ?
Les Hüfi Griess et Tschingel près des Clariden ? Je vous le donne en mille:
Le Piz d'Err et la Cima da Flix ?
Le Piz Kesch ?!?
La Silvretta et le Piz Linard ?
Le Piz Vadret ?
Le Scopi ?
La Bernina et le Piz Rosegg ?
L'Uri Rotstock ?!?
Ce qui est sûr, c'est qu'il y a bien eu une révolution industrielle qui a commencé en 1750...
Et plutôt que de prôner la décroissance, eh bien on sort des idées fumeuses et utopiques...:
Enfin, dans ce même journal l'Express, une publicité pour Saab nous apprend que cette bagnole bouffe du blé et du maïs. Pendant que des centaines de millions à la surface du globe crèvent de faim.
Il y a des myriades de paires de baffes répétées ad aeternum qui se perdent.
.
08 janvier 2007
Ayles à Ellesmere
adresse pour citer cette page: http://www.servumpecus.canalblog.com/archives/2007/01/08/
Une nouvelle alarmante de plus est parue récemment dans les pays suivants, et la liste n'est pas exhaustive:
Aux Etats-Unis:
Terra daily
Dallas morning news
The Worldlink
En Inde:
En Australie:
Au Canada:
et là: lien , et là: lien , etc, etc, etc...
De quoi s'agit-il ? Lisons un texte relatif à ce sujet, en français. Je cite:
"Ayles, vaste plate-forme de glace à la dérive. Grande comme les deux tiers de Paris, une plaque s'est détachée d'une île canadienne. Soixante-six kilomètres carrés. Deux tiers de la ville de Paris. C'est
la superficie d'une plaque de glace dénommée Ayles, qui dérive
actuellement en mer de Beaufort. Elle se serait détachée, il y a plus
d'un an, de l'île d'Ellesmere, la troisième plus grande île canadienne,
située près du Groenland.
L'événement, passé inaperçu à l'époque, se serait produit le 13 août 2005. A cette date, des séismographes avaient, en effet, enregistré un fort pic d'énergie, sans qu'il soit possible d'en identifier la cause. En combinant photos satellites et données sismiques, les Canadiens ont conclu qu'Ayles s'était brutalement détachée de la terre.
Ce genre de vaste plate-forme naît dans la continuité de l'écoulement des glaciers situés sur la terre ferme. Dans le passé, l'île d'Ellesmere était d'ailleurs ceinturée d'une importante couche de glace couvrant plus de 10000 km2. Mais, au cours du XXe siècle, celle-ci s'est fracturée en six grands morceaux qui ont beaucoup perdu en volume.
En 2002, la plus importante d'entre elles, Ward Hunt, s'est fendue. Avec Ayles, c'est la première fois qu'une plate-forme aussi imposante rompt ses amarres de glace avec la terre et présente un risque pour le trafic maritime et les installations offshore.
Warwick Vincent (Université Laval) est à l'origine de cette découverte: «On franchit des seuils climatiques qui sont peut-être les prémices d'un changement accéléré.» En octobre 2006, le centre américain de recherche NSIDC avait annoncé que la calotte glaciaire de l'Arctique se réduisait de 8% tous les dix ans. L'océan Arctique pourrait même être vide de glace vers 2040-2060.
Une chose est sûre: en Arctique et en Antarctique, la glace bouge. Comme en 2002 dans le Sud où un iceberg tabulaire de plus de 3000 km2 s'était détaché du glacier de Larsen. Là, comme ailleurs, ce qui interroge, c'est moins la rupture des amarres de ces blocs que leur taille, de plus en plus grande au fil du temps."
Que peut-on faire personnellement contre cet état de fait ?
Après avoir récemment lu "La Décroissance", je me suis rendu compte que je suivais une bonne partie des "10 conseils pour entrer en résistance par la décroissance". Quels sont-ils ?
1 - Se libérer de la télévision. C'est fait.
2 - Se libérer de l’automobile. (presque...: 34500 km en 4 ans ; abonnement général de train aidant)
3 - Refuser de prendre l’avion. (1600 km durant ces 3 dernières années : peux faire mieux !)
4 - Se libérer du téléphone portable. (maximum 15 minutes... par mois. Si absolument nécessaire !)
5 - Boycotter la grande distribution
6 - Manger peu de viande. (ôh que oui...)
7 - Consommer local
8 - Se politiser. (pourquoi pas ?!?)
9 - Développement personnel. (comme il est dit)
10 - Cohérence. (une exigence de tous les instants)
Voilà encore, pour les personnes curieuses et intéressées, quelques documents qu'il est bon de consulter:
lieux_communs_de_la_croissance_et_du_progres
Le_developpement_durable_lave_plus_blanc
Rapa_Nui_effondrement__cologique
Et finalement un excellent document qui est un peu trop gros (1.4 Mo) pour être mis ici:
Pub, la conquête de notre imaginaire
Nicolas Hulot : un nouvel EcoTartuffe.
Le no. 1 des "Cahiers de l'Institut d'Etudes Economiques et Sociales pour la Décroissance Soutenable" (IEESDS) se fait l'écho des accointances de Monsieur Hulot avec le big business des multinationales.
Cet article étant en ligne sur http://www.decroissance.org/textes/hulot.htm je pense que i) puisque la source est expressément mentionnée et que ii) le texte est accessible au public dans son entier, il doit être possible de le reproduire ici. Donc, je le cite :
Début de la citation:
"Nicolas Hulot, le pacte médiatique
Nicolas Hulot, lors du lancement de son dernier livre, Le pacte écologique, a bénéficié d’un accueil dithyrambique dans les médias. Invité sur France-Inter, à la télévision, en une du Figaro et du Monde,
l’animateur de télévision est présenté partout comme un grand défenseur
de la cause écologiste. Même nos amis de l’hebdomadaire Politis l’acclament en une sous le titre « Le croisé de la décroissance », alors qu’il s’est toujours déclaré étranger à cette idée.
Face à cette déferlante, il est utile de rappeler quelques faits sur
Nicolas Hulot. Comment gagne-t-il sa vie ? Quelles sont ses activités ?
Qui sont ses amis et soutiens ? Et surtout, quelles sont ses idées ?
Bref, pourquoi le télé-écologiste aux discours inoffensifs et aux
actions timides est un parfait « produit médiatique » ?
Nicolas Hulot est animateur de télévision, présentateur de
l’émission « Ushuaïa » depuis 1987. Pour ses quatre émissions
annuelles, l’homme de télé est rémunéré la modique somme de 30 000
euros par mois (1). Il faut ajouter à cela les droits d’auteur qu’il
touche pour ses ouvrages (Le Syndrome du Titanic s’est vendu à 160 000 exemplaires) et un pourcentage sur les ventes des livres et des DVD Ushuaïa.
Mais plus qu’une émission de télé à grande audience, Ushuaïa, c’est un
label « 100 % rentable » décerné par TF1 à des produits dérivés, comme
le raconte l’enquête du journal économique L’Expansion : «
TF1 a cédé en quinze ans la licence d’exploitation à plus d’une
quinzaine de sociétés (L’Oréal pour les cosmétiques, Atol pour la
lunetterie, Rhonetex pour les vêtements, Lexibook pour l’électronique
grand public, Quo Vadis pour la papeterie...) et cautionné ainsi la
commercialisation d’une soixantaine de produits dérivés en France. En
jouant, même si la chaîne s’en défend, sur l’identification
Ushuaïa-Nicolas Hulot pour les consommateurs. TF1 estime à... 100
millions d’euros le chiffre d’affaires annuel généré par tous les
produits griffés Ushuaïa. »
Un business orchestré par TF1
Parmi ses produits dérivés, citons un encens déclaré cancérigène par
l’UFC Que Choisir, les gels douche en plastique remplis de produits
exotiques, et le magazine appelé… Ushuaïa (2). Dans ce magazine, que
trouvons-nous ? De belles images de nature, et des reportages poignants
sur les bonobos. Entre les deux, des publicités… pour les produits
dérivés Nicolas Hulot : lunettes, gels douche, et DVD. Dans le premier
numéro du magazine, sur les 10 premières pages, 7 sont des publicités.
Se servir de l’émotion suscitée par la crise écologique pour pousser à
la consommation, il fallait oser. Plus fort encore, les pages 2 et 3 de
la même édition sont prises par une pub pour un véhicule haut de gamme
Renault (Espace). Sur la dernière page – la plus lue après la
couverture – figure une réclame pour un 4 x 4 Volvo vendu environ 50
000 euros : « Volvo XC90, la nature est si belle que pour la découvrir, il fallait un 4 x 4 aussi beau et respectueux ».
À sa décharge, Nicolas Hulot n’a jamais prétendu
être un grand pourfendeur de l’automobile. Parmi les produits dérivés
de la marque de TF1, il existe en effet le 4 x 4 « Ushuaïa »
: un Peugeot-Partner*. Que les transports soient responsables de la plus grande
partie des émissions de gaz à effet de serre importe peu. Cette
voiture est écologique, puisque « l’air conditionné
n’est proposé qu’en option, même sur le modèle
Ushuaïa Grand Raid qui coiffe la gamme»
La chaîne de Patrick Le Lay instrumentalise-t-elle Nicolas Hulot pour
orchestrer un business « écolo » ? Laissons répondre l’animateur : «
TF1 décline des produits dérivés qui permettent à l’émission de télé
d’être financée. Au début, j’ai été surpris par cette stratégie, mais
je m’y suis fait. Cela ne me choque plus du moment que je garde le
contrôle du contenu de l’émission et ma liberté de parole. (…) Mais il
est vrai que je me demande parfois jusqu’où on peut aller (1). » (3).
Des sponsors polluants
Comment
se fait-il qu’un homme à l’origine d’un tel business bénéficie d’une
image positive dans l’opinion ? Cela vient en partie de la mission
qu’il s’est lui-même octroyée. Porté par l’audimat, il ne se veut plus
un simple animateur de télévision. Nicolas Hulot veut « mettre sa notoriété au service d’une cause d’intérêt général (4). »
En 1990, il crée la Fondation Ushuaïa, qui prendra son propre nom cinq
ans plus tard. Pour créer cette structure, forte d’une quinzaine de
salariés, il faut de l’argent. Les premiers donateurs sont TF1, L’Oréal
et EDF. Mais d’autres entreprises vont s’associer à Nicolas Hulot et
faire un don : les Autoroutes du Sud de la France, Bouygues Telecom,
Valorplast, Apple, Décathlon, Énergie Système, ETT, Eurotherm, Giordano
Industries, Grohe, Knauf, Lafarge, Saint-Gobain Isover, Siplast Icopal,
Tetra Pak France, UGAP, Weber et Broutin, Yprema…
Que les
entreprises les plus polluantes, celle qui construit les autoroutes où
rouleront toujours plus de voitures, celle qui transforme le pétrole en
plastique jetable, celle qui génère des déchets nucléaires pour des
millions d’années, celle qui bétonne la nature et celle qui vend à
Coca-Cola du « temps de cerveau disponible » puissent être des donateurs d’une telle fondation… n’est en fait pas très étonnant.
Dans une échelle des valeurs juste, la charité est seconde derrière la
volonté de justice ; donner l’obole est un pis-aller pour pallier les
dysfonctionnements d’une société humaine par nature imparfaite. Dans la
société de consommation, au contraire, cette charité bourgeoise devient
première. Elle devient une sorte de « caution éthique » qui permet de
légitimer l’ensemble du système. C’est exactement le rôle que joue
Nicolas Hulot pour le système industriel. Partenaire des
multinationales parmi les plus polluantes (E. Leclerc, Bouygues,
Lafarge…), il est la plus efficace façon pour la « mal-économie »
d’éviter toute remise en cause qui ne soit pas seulement superficielle.
Les entreprises vont chez Hulot sans souci, car la Fondation Nicolas
Hulot (FNH) se cantonne à un domaine : l’éducation à l’environnement.
Ses missions sont sobres et peu ambitieuses : «
prendre conscience et faire prendre conscience “qu’il faut donner du
sens au progrès”, que le progrès est synonyme de générosité et de
solidarité ». Ou encore : « Prendre conscience et faire
prendre conscience que les actes ont des conséquences qu’il faut
évaluer avant leur mise en œuvre, qu’il faut penser ses actes. »
Au vu des objectifs qu’elle se donne elle-même, il est frappant de
constater que cette fondation et son créateur bénéficient d’une image
plus radicale que la réalité.
Les entreprises, elles, ne s’y
trompent pas. La campagne de promotion de la fondation sera offerte par
l’agence de pub CLM BBDO et affichée gratuitement par Decaux, histoire
de légitimer cette activité souvent délinquante et totalement
parasitaire qu’est la publicité. Comme Nicolas Hulot ne fait jamais le
lien entre les inégalités sociales et la crise écologique, Lilianne
Bettencourt, troisième fortune de France, héritière de L’Oréal, donne
la pièce.
Défi chez Bouygues
Le groupe ASF s’enorgueillit aussi de collaborer à l’action de la fondation. On peut lire sur son site Internet : «
Attentif à l’intégration environnementale de ses autoroutes tout au
long de leur concession, le groupe des Autoroutes du Sud de la France
agit pour protéger le cadre de vie des riverains, préserver la
diversité et la richesse naturelle et valoriser les paysages traversés.
C’est donc naturellement qu’il a décidé de soutenir le programme de la
Fondation Nicolas Hulot qui vise à enrayer la perte de la diversité
biologique (5). »
Fort de ses soutiens, Nicolas
Hulot fera distribuer 3 millions de son petit livre Défi pour la Terre
dans les supermarchés Leclerc et 100 000 dans les boutiques Bouygues
Telecom, qui vendent des téléphones portables. Les mesures du « Défi
pour la Terre » consistent à expliquer au peuple de fermer l’eau en se
lavant les dents mais surtout de ne pas poser de questions dérangeantes
aux multinationales.
Pour le télé-écologiste, il n’y a pas de contradiction. «
Quant aux puristes qui lui reprochent de financer sa fondation avec les
dons d’entreprises pas toujours écologiquement correctes, il rétorque
qu’il préfère l’argent privé à l’argent public et précise qu’il part du
principe “que l’on peut faire évoluer les entreprises de l’intérieur”.
La preuve : il a été invité à parler de développement durable devant
les cadres du groupe Bouygues (6). »
Changer les
choses de l’intérieur... Tel est le credo de Nicolas Hulot, persuadé
que la logique de profit et celle du partage des ressources sont
compatibles. E. Leclerc le dit d’une autre façon : «
C’est vrai, le développement durable est un concept à la mode. Tant
dans le monde des entreprises que dans tout débat de société. Et alors
? De tout temps, les marchands ont su récupérer les bons slogans (7). »
Des amis peu exemplaires
Nicolas Hulot a des amis, beaucoup d’amis, pour le soutenir dans sa
démarche. Lors du lancement de son dernier livre, Le Pacte écologique,
était présente « une brochette d’amis du show-biz de quoi faire pâlir d’envie un Nicolas Sarkozy ou une Ségolène Royal (8) »
: Corinne Lepage, le patron de Véolia environnement Henri Proglio
(aussi membre du groupe d’armement Thalès), Julien Clerc, Luc Besson,
Pascal Obispo, Mathieu Kassovitz et « revenu de Patagonie », l’évadé fiscal fan de Harley Davidson, « Florent Pagny en tenue kaki d’explorateur ». Le journal 20 minutes rappelle à juste titre que Pascal Obispo
« a été propriétaire d’un Hummer, énorme 4x4 très polluant. Idem pour
Pagny, qui a longtemps possédé des voitures de sport et de puissantes
motos. Autre incohérence, le chanteur effectue régulièrement des
allers-retours en Patagonie où il possède une propriété alors que la
Fondation Nicolas Hulot prône de limiter les déplacements en avion ». « Ils roulent pour Hulot, mais un peu vite (9) », conclut le journal gratuit.
Un autre ami de Nicolas Hulot est Yves Paccalet, auteur d’un ouvrage au titre évocateur : L’humanité disparaîtra, Bon débarras ! (10),
opus largement applaudi par les journalistes, qui n’ont certainement
pas pris le temps le lire. L’humanité y est décrite comme une « tumeur », « affreuse, bête et méchante », un « cancer » qui se développerait avec pour moteur la « pulsion sexuelle ». « Elle nous incite à nous multiplier comme le font aussi les poux, les cafards, les rats… », écrit ce grand humaniste, invité, entre autres, sur Ushuaïa TV (11).
Grâce aux soutiens des multinationales, à l’appui de stars et à des
émissions télévisées à grande écoute, l’armada Hulot parvient à imposer
l’image d’un homme sans peur et sans reproche, et bardé de propositions
ambitieuses. Une image qui ne résiste pas à l’analyse des ses idées.
Idées pâles
Jean-Paul Besset, ex-rédacteur en chef au Monde, est le principal « coordinateur » (12) des livres publiés sous le nom de Nicolas Hulot. Pour celui-ci le télé-écolgiste est, bien entendu, « un homme libre »… qui a décidé de franchir une étape : «
Comme grand témoin, il se faisait balader. C’est pourquoi il a décidé
de passer à un autre stade, de devenir acteur en s’engageant dans la
bataille politique à l’occasion de l’élection présidentielle (13) ».
Le doute sur son éventuelle candidature est savamment maintenu. Celui
qui a refusé à plusieurs reprises un poste de ministre de
l’Environnement se lancerait-il enfin en politique ? Dans cette
optique, le « pacte écologique » lancé aux candidats à la
présidentielle de 2007 devrait donner la teneur d’un programme
écologique ambitieux. Or, son maigre contenu ne peut que frapper un
observateur attentif. Homme de communication, Nicolas Hulot lance « 10
objectifs » et « 5 propositions », mais ceux-ci sont très imprécis.
Concernant l’agriculture, il s’agit de « concilier la production agricole avec le respect de l’environnement ».
Le mot « biologique » fait partie du texte présentant les objectifs,
mais est retiré de la synthèse, donc des propositions. On préfère les
termes flous de « produits certifiés ». Sur la santé, il faut engager
une « politique de prévention » envers les pesticides et les OGM. Les
mots « réduction » ou « interdiction » sont honnis. À peine apparaît
timidement le terme « taxe » sur les carbones, qui est la
seule proposition forte, donnée comme un os à ronger aux journalistes.
Sur cinq, ses deux dernières propositions quittent le terrain de
l’écologie pour plaider en faveur de la « démocratie participative » et de l’« éducation à l’environnement ».
Sur le site Internet du Pacte écologique, on cherchera vainement le «
quart du début du commencement » d’un programme politique.
D’où
vient alors que Nicolas Hulot bénéficie de l’image d’un homme
courageux, qui demande des mesures fortes ? Politis a même décrit
Nicolas Hulot comme un « croisé de la décroissance » dans son édition du 9 novembre 2006, alors que l’animateur a dit lui-même : «
Je ne crois pas à la décroissance économique. (…) Progressivement, il
est possible de créer de nouvelles filières sans toucher à la croissance (14). »
Le télé-écologiste pourrait-il tenir un autre discours que celui,
connu, de la « croissance durable » ? Il est fidèle à une des missions
de sa fondation, qui face à la crise écologique, rappelle que «
les engagements écologiques, sociaux et économiques doivent être
conjoints. Qu’ils représentent un investissement positif sur le long
terme ».
Cette position conciliante envers la logique du marché explique son ambiguïté sur la question nucléaire ; « il ne faut pas fermer la porte à une éventuelle quatrième génération de centrales»,
a-t-il déclaré dans Le Monde (15). Le réseau Sortir du nucléaire a
dénoncé la position de l’animateur. Rappelons que le logo d’EDF est sur
la première page du site de la FNH, et l’entreprise honorée comme un «
partenaire fondateur ».
« Il n’attaque pas… »
Faire de
la politique, proposer des lois, mettre des limites à l’appétit des
multinationales ou des consommateurs est un langage étranger à
l’animateur de TF1. Ancien photographe du Paris-Dakar reconverti dans
l’édition de luxe, Yann Arthus-Bertrand fait partie du réseau Hulot. Il
résume l’attitude politique du clan Hulot : «
Ce qui me plaît, c’est qu’il n’attaque pas. Moi qui ai toujours voté
pour les Verts, cette fois-ci je ne voterai pas pour eux. Par leur
idéologie antilibérale, antinucléaire, ils ont tout gâché. »
« Il n’attaque pas », il ne fait pas de politique. Le journaliste du Figaro note que «
le philosophe Pierre-André Taguieff (…) applaudit lui aussi la démarche
“dépolitisée” de Hulot : “Il ne répond pas seulement à un mouvement
d’opinion, mais à un phénomène moral. La prise de conscience
écologique, c’est aussi un retour du sacré, et la fin d’un
appauvrissement spirituel” (16) ». Tout est dit : l’écologie reste
dans une dimension uniquement morale et personnelle, donc hors de la
sphère d’action politique. Le tout est non de légiférer, mais de suivre
la voie Hulot : « prendre conscience et faire prendre conscience »…
Si le Parlement suivait Hulot, il aurait attendu la « prise de
conscience » des fumeurs au lieu d’interdire le tabac dans les lieux
publics.
Les médias conquis
Tout cela fait un bon produit
médiatique, pas dérangeant, qui emporte l’enthousiasme. Hulot sait
parler vrai, c’est un bon client, et les journalistes sont en terrain
connu : ils s’interviewent entre confrères. L’hebdomadaire Télérama a
ainsi consacré huit pages de son numéro du 5 février 2005, dont sa
couverture, à l’animateur de télévision : «
Châtain. Coupe de cheveux à rendre fou un coiffeur. Un tatouage sur
l’épaule, une queue de baleine en pendentif [...] L’œil gauche cligne
parfois comme une aile d’oiseau mouche. » Hulot est coutumier de ce genre d’éloge.
Le 8 novembre, Nicolas Hulot a droit à une pleine page dans le Figaro.
« Loin de prôner une “décroissance” appelée des vœux par certains »
(c’est nous !), « le héraut de l’écologie entend plutôt “redonner du
sens au progrès”. “C’est pragmatique et pas dogmatique”, lance
l’intéressé. » Serge Dassault, propriétaire du journal et fabricant d’armes, est lui aussi très pragmatique et « pas dogmatique » dans le choix de ses clients...
Pour conclure
Nicolas Hulot veut changer les choses de l’intérieur... mais de l’intérieur des multinationales !
Nicolas Hulot ne sert pas la cause écologique, il contribue à faire
passer l’idée que le capitalisme et le profit sont conciliables avec un
environnement préservé.
Il permet aux entreprises destructrices de se donner bonne conscience
en finançant des programmes d’éducation à l’environnement.
Nicolas Hulot évite soigneusement de parler de la crise des valeurs et
des inégalités sociales qui sont intimement liées au saccage écologique
de notre planète. Nicolas Hulot omet la question sociale, celle qui
fait que les premières victimes des pollutions (visuelles, sonores,
aérienne) seront aussi les catégories les plus défavorisées socialement
L’animateur de TF1 réussit en somme à faire « beaucoup de bruit pour
rien » tout en prenant un espace médiatique précieux. Il participe au
recul du politique dont nous aurions tant besoin pour apporter des
solutions au drame écologique, mais aussi social et culturel dont notre
humanité souffre.
1 - L’Expansion, 25-5-2005, "Ushuaïa,
le label Hulot certifié 100 % rentable"
2 - La commission paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP)
a refusé de considérer ce magazine comme un produit d’information.
Ushuaïa magazine n’a donc pas eu de « numéro de CPPAP
» et n’est commercialisé dans les kiosques qu’en tant
qu’un des multiples produits publicitaires dérivés de l’émission
homonyme. (CB News, 31-10-2005)
3 - Ouest-France, 30-1-2003.
4 - Citations extraites du site
de la FNH
5 - Site web du Groupe ASF (Autoroutes du Sud de la France), avril 2005.
6 - Nicolas Hulot, « L’écolo cathodique », Le Figaro,
18-9-2006.
7 - Michel-Édouard Leclerc, Le Nouvel économist, 26-3-2004.
8 - Le Figaro, 8-11-2006.
9 - 20 minutes, 9-11-2006.
10 - L’humanité disparaîtra, Bon débarras !
voir
aussi ici Éditions Arthaud, 2006.
11 - Ushuaia TV, 7-4-2006.
12 - Libération, « Hulot les rend tous verts »,
7-11-2006.
13 - Politis, 9-11-2006
14 - TV magazine, 25-9-2005.
15 - Le Monde, 7-11-2006.
16 - Le Figaro, 8-11-2006."
Fin de la citation.
"Les chemins de la décroissance sont nombreux : simplicité volontaire, relocalisation généralisée, réapprentissage de la gratuité, de la nature, réinvestissement de nos corps, de l'espace, du temps".
Paul Ariès, in: Décroissance ou barbarie
(ISBN-13: 978-2914475761)






























