Le bâton dans la fourmilière (fourmillière)

Réveillons les endormis avec des faits scientifiquement prouvés

08 mai 2008

Que faire ?

Encore une fois : faudrait-il s'informer, ou alors fermer les yeux ?

Je cite (source) :

Debut de la citation (c'est moi qui souligne) :

 

Climat : Alerte Rouge

13 février 2008

Climat Code Rouge, co-signé par les écologistes australiens David Spratt et Philip Sutton et publié par les Amis de

la Terre

, lance un cri d’alarme. Le changement climatique a d’ores et déjà franchi un seuil dangereux. La disparition accélérée des glaces arctiques et la fragilisation des glaciers du Groenland qui se déroulent sous nos yeux, des dizaines d’années avant la date prévue par les projections du GIECC, prouvent que les concentrations actuelles de carbone dans l’atmosphère sont déjà suffisantes pour provoquer des chocs systémiques dans les équilibres climatiques. Les politiques actuelles de lutte contre le réchauffement ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Pire encore, les objectifs des maxima de température et de CO2 qu’elles considèrent comme acceptables sont en fait à des niveaux qui peuvent nous conduire à des catastrophes et enclencher des processus irréversibles et incontrôlables.

« Une molécule de carbone émise dans l’atmosphère piégera durant sa durée de vie une centaine de milliers de fois la chaleur dégagée lorsqu’elle a été brûlée. »

« La planète ressent déjà les effets d’un dangereux réchauffement climatique. Si notre objectif est de protéger tous les humains, toutes les espèces, et toutes les générations à venir, au lieu d’accepter comme inévitable un réchauffement de 2°, qui mettra en péril des milliers, sinon des millions, d’espèces et des centaines de millions d’humains, nous devrions au contraire agir pour restaurer dès maintenant un climat protecteur et sûr. Une telle tâche requiert la mise en œuvre de mesures permettant de refroidir la terre - en piégeant le carbone répandu dans l’atmosphère, pour combattre les effets déjà sensibles aujourd’hui, comme par exemple la disparition probable des glaces arctiques. »

David Spratt et Philip Sutton

Nous proposons ci-dessous une sélection d’extraits de ce document d’une centaine de pages, qui reprend largement les thèses développées par James Hansen et appuie ses observations et assertions sur une bibliographie fournie.

 

Etat des lieux

La concentration de carbone dans l’atmosphère est passée de 280 ppm avant la révolution industrielle, à 383 ppm aujourd’hui. Cette augmentation est déjà responsable d’une élévation de température de 0,8°, auxquels vont s’ajouter 0,6° à cause de l’inertie du système climatique. La concentration de CO2 actuelle est la plus haute mesurée depuis 600 000 ans, et dans doute depuis 20 millions d’année.

La disparition de l’effet albedo, la réflexion des rayons solaires par les glaces de l’Arctique, va provoquer une augmentation de 0,3°.

L’activité humaine serait donc responsable, au total, d’une élévation de 1,7° de la température terrestre moyenne.

Les émissions de carbone

Les émissions de carbone se sont accrues de 70% entre 1979 et 2004. Dans la période 2000-2004, le taux d’augmentation annuel a dépassé 3%, alors qu’il n’était que de 1,1 dans la période 1990-1999.

Les scénarios du GIEC sont dépassés. Le monde évolue plus vite que ce que les modèles avaient prévu.

Si les courbes actuelles se prolongent, en 2015 les émissions de CO2 seront 35% plus élevées qu’en 2000. Aujourd’hui nous émettons 10 gigatonnes de CO2 par an, en 2050 ce chiffre atteindra 22 gigatonnes.

Le niveau de CO2 a augmenté de 30 ppm en 17 ans. Les carottages de l’Antarctique nous montrent que dans le passé l’augmentation la plus rapide n’a été que de 30 ppm en 1000 ans. La rapidité des changements climatiques en cours est sans précédent.

Quel objectif de réchauffement ?

La disparition des glaces arctiques, probable dans les années qui viennent, montre que la transformation du climat par l’activité humaine a déjà atteint un niveau ou elle provoque des chocs systémiques. Plutôt que de s’interroger sur les quantités de CO2 que nous nous autorisons à émettre, il faut au contraire sans attendre inverser le processus.

L’augmentation de la température dans les années 1980 était de 0,5°. C’est donc le niveau qu’il faut tenter de retrouver si l’on veut éviter de dangereuses interférences de l’activité humaine avec le climat.

James Hansen a déclaré en décembre que « en tant qu’espèce, nous avons franchi un seuil climatique pour les grands glaciers et les disparitions d’espèces, au moment ou nous avons dépassé la concentration de 300-350 ppm dans l’atmosphère, il y a une dizaine d’années de cela. » Hansen estime que le climat des zones tropicales va continuer à subir des transformations notables, que les océans vont s’acidifier, mettant en péril la vie de nombreuses espèces océaniques. « Soit nous faisons marche arrière, non seulement en terme d’émissions, mais également de quantité de CO2 présente dans l’atmosphère, soit nous allons vers des impacts majeurs. Il faut établir une cible pour la concentration de CO2 qui soit suffisamment basse pour éviter le point de non retour. »

Les auteurs de Climate Code Red estiment que les objectifs actuels considérant un réchauffement de 2 à 3° comme acceptables, méconnaissent l’ampleur des et la dangerosité des changements climatiques qui auraient lieu.

Scénarios de température

Lorsque nous aurons atteint 1° d’élévation de la température, la forêt amazonienne sera mise en danger. En 2005, les incendies dus à une sécheresse exceptionnelle ont libéré dans l’atmosphère un milliard de tonnes de CO2, soit 5% des émissions globales. L’Amazonie, responsable de 10% de la photosynthèse sur terre, est désormais proche d’un « seuil de résistance critique. »

Si le réchauffement atteint 2°, de 15 à 40% des espèces pourraient disparaître. La toundra disparaîtra. Les sécheresses seront récurrentes et l’Europe sera régulièrement touchée par des vagues de chaleur extrême comme en 2003. La mousson au nord de

la Chine

disparaîtrait probablement, les inondations frapperaient durement le Bangladesh. Dans les Andes les glaciers auront disparu à 40-60%.

Pourtant, ce niveau dangereux de modification du climat est celui qui celui qui est jugé admissible par les projections du GIEC et l’Union Européenne.

En prenant le risque de laisser monter la température jusqu’à 3°, nous nous exposons à des conséquences encore plus dramatiques, et qui pourraient échapper à tout contrôle.

La dernière fois que la température terrestre a atteint ce niveau, au Pliocène, le niveau des mers était

25 mètres

plus haut qu’aujourd’hui. L’ensemble de l’hémisphère nord était libre de glaces. Durant cette période la concentration de carbone dans l’atmosphère était de 360-400 ppm, comparable à ce qu’elle est dès maintenant.

A ce niveau, l’Amazonie, le « poumon de la planète » pourrait se transformer en savane, amplifiant encore les effets de rétroactions sur le climat. Selon le modèle climatique du Hadley Center, en Grande Bretagne, au niveau d’émission actuel de CO2, la probabilité de sa disparition, estimée à 5% aujourd’hui atteindrait 50% en 2030 et 90% en 2100.

De nombreuses régions deviendraient inhabitables à cause de la chaleur et de la sécheresse. Les précipitations seraient réduites de 50% au Mexique et en Amérique Centrale.

La fréquence des évènements météorologiques extrêmes, tempêtes et ouragans, serait considérablement plus élevée.

Les programmes de lutte contre le réchauffement qui fixent une fourchette de 450-550 ppm prennent le risque de voir la température atteindre 3°.

Le rapport Stern, en 2006 indique que « la probabilité de maintenir les températures en dessous de 3° d’augmentation est de 50/50. Celle d’atteindre 4° est de 15%. »

Une étude publiée dans la revue Nature démontre que lorsque le CO2 excède 500 ppm, la température moyenne passe subitement à 6° et se stabilise à ce niveau. Ce phénomène serait provoque par la disparition, en raison du réchauffement, des algues dans l’océan, qui constituent le plus important « puits à carbone » sur terre.

Les objectifs internationaux

Le GIECC et l’Union Européenne ont adopté un scénario de réduction des émissions à 60-80% en dessous des émissions de 1990, avec un objectif de 400 ppm et une limite supérieure de température de 2°.

La réalisation de ce type de scénario implique, selon le United Nations Framework Convention on Climate Change, une diminution de 20-40% par rapport au niveau de 1990 en 2020, et de 80-95% en 2050.

Nous avons un problème

Le 13 avril 1970, l’équipage d’Appolo 13 émettait un message devenu célèbre : « Houston, nous avons un problème. » Durant les jours qui ont suivi, astronautes et techniciens au sol ont travaillé nuits et jours pour sauver le fragile vaisseau spatial endommagé. Aujourd’hui, le message que la planète nous envoie est celui-ci : « Habitants de

la Terre

, nous avons un problème. »

La santé de

la Terre

et sa capacité à poursuivre son voyage sont gravement mis en péril. Nous sommes au bord d’une catastrophe climatique. Comme l’équipage d’Appolo 13, nous n’avons qu’une seule option, abandonner le cours normal de la mission et presser le bouton d’arrêt d’urgence. Il nous faut travailler avec toutes nos ressources, notre inventivité, pour bâtir un plan de survie et, avec une détermination inébranlable, le mettre en œuvre.

Action urgente

Dans la dernière partie de leur ouvrage, les auteurs étudient de façon très détaillée les réponses à la crise climatique, en liaison avec le pic pétrolier. Il faut, disent-ils :

-  Viser sans délai le « zéro émission »

-  Capturer le carbone présent dans l’atmosphère en développant des « puits » grâce à la biomasse.

-  Planifier les transformations économiques rapides nécessaires sur le modèle des « économies de guerre »

Nous n’avons pas le droit à l’erreur ou à l’échec, concluent-t-ils.

Nous reproduisons ci-dessous le résumé rédigé par les auteurs. Les chiffres entre parenthèse font références aux pages du rapport.

Cinq règles pour sauver notre futur climatique

Les décisions des politiques sur la question du changement climatique sont caractérisées par leur peu d’ambitions et une accoutumance aux échecs.

Il y a un besoin urgent de reconnaître que le changement climatique et les bouleversements aux conséquences dangereuses qu’il entraîne sont déjà là et qu’il s’agit désormais d’une urgence compromettant le futur, exigeant que nous sortions de notre culture du compromis, porteuse d’échecs. Une course de vitesse s’est désormais engagée entre les bouleversements climatiques et les bouleversements politiques.

I - Notre objectif est de sécuriser notre futur climatique - nous n’avons pas le droit de transiger sur les vies humaines ou la survie des espèces.

-   Aucune espèce n’a le droit de déterminer quelle proportion du vivant sur terre devra disparaître, comme le font les compromis actuels acceptant une élévation de 2 ou 3 degrés. L’absence de volonté collective pour agir de façon durable est inexcusable (37-42)

-   L’humanité est responsable de cette catastrophe naissante du réchauffement climatique (21-23) et nous avons la capacité et le devoir de réparer les dommages provoqués et d’agir de manière soutenue pour ramener la terre vers un type climat sans danger.

II Nous ferons face rapidement aux conséquences du réchauffement : le danger est immédiat, et pas seulement futur.

-  des conséquences graves du changement climatique se déroulent déjà, à la fois plus rapidement et à un niveau de température inférieur à celui des prévisions (22-23). Comme l’a déclaré James Hansen, le plus éminent climatologue américain devant 15 000 de ses collègues lors d’une conférence en décembre 2007, des « points de bascule » majeurs ont déjà été dépassés (8). Au nombre de ceux-ci, la disparition des glaciers, une élévation considérable du niveau de la mer qui pourrait atteindre

5 mètres

à la fin du siècle (9-10), et une hécatombe d’espèces vivantes (17). L’Arctique sera bientôt libre de glaces l’été (2-4) et le glacier du Groenland est bientôt en danger (5-7).

-   Une augmentation de 2° est déjà en cours (5), à moins que nous n’agissions résolument pour réduire les émissions vers zéro aussi vite que possible. L’humanité n’aura pas le pouvoir de renverser le processus que nous avons déclenché si nous passons le « point de non retour. » (27)

-   Les rapports du GIEC sont dangereusement trop prudents (1-2, 18-19). La limite supérieure du réchauffement de 2-2,4° proposé par le programme des Nations Unies, amènerait le climat de la planète au-delà des températures qui étaient celles du dernier million d’années, et conduiraient à la catastrophe (28-31).

III pour sécuriser le futur climatique, nous devons entreprendre des actions visant à arrêter les émissions et refroidir la planète.

-   Les seuils critiques en ce qui concerne les grands glaciers et les disparitions d’espèces ont été franchis lorsque nous avons dépassé le niveau de 300-350 ppm de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, voilà une dizaine d’années (26-28).

-   Il ne s’agit plus de savoir combien d’émissions supplémentaires nous pouvons tolérer en toute sécurité, mais plutôt comment pourrons nous stopper les émissions suffisamment rapidement et provoquer un refroidissement (54-58) avant que nous n’atteignions d’autres seuils et ne déclenchions des rétroactions positives, telles la fin des puits de carbone et les pertes dues au permafrost (14-16), qui entraîneraient la trajectoire de l’évolution du système climatique au-delà de tout espoir de contrôle par l’homme (12-14).

-   Hansen estime que, soit nous commençons à diminuer non seulement les émissions de carbone, mais aussi la quantité présente dans l’atmosphère, soit nous allons au devant de graves conséquences (note 1)

IV Planifier une transition à grande échelle vers une économie et une société post-carbone

-   Nous faisons face à une crise multifactorielle et à une crise systémique (44-46).

-   Les obstacles à la mise en œuvre des solutions pour le climat sont de nature sociale et politique, pas économique ou technologique (53-58).

-   La vitesse de réaction est fondamentale (39-40) pour la construction d’une économie de l’après carbone aussi rapidement qu’il est humainement possible (67-68).

-   Il est un nécessaire d’entreprendre un programme de transformations d’une ampleur comparable (59) à celui d’une « économie de guerre » ou à ce qui a lieu lors de la naissance des « Tigres Asiatiques. »

V Devant l’urgence climatique conditionnant le futur, nous devons agir bien plus rapidement que le rythme habituel de l’économie et du politique.

-   Ces impératifs sont incompatibles avec les contraintes des modes d’actions traditionnels des politiques et de l’économie. Notre modèle d’action habituel, à court terme, à petit pas et peureux devant les changements rapides et profonds, est tout simplement incapable de piloter la transition à la vitesse requise. La crise climatique, elle, n’évoluera pas à petits pas, traditionnellement. Les décisions des politiques sur la question du changement climatique sont caractérisées par leur peu d’ambitions et une accoutumance aux échecs (47-53,59-62).

-  Il y a un besoin urgent de concevoir le problème que nous affrontons comme une urgence mettant le futur en jeu, qui nous place au-delà des politiques de compromis porteurs d’échec (63-66).

-  Même des objectifs modestes (25-40% de réduction d’émission par rapport à 1990 en 2020) exigent une accélération massive du rythme des changements, qui ne peut être obtenue qu’en passant à un mode d’urgence (62).

-  Comme l’a écrit Ian Dunlop, ancien dirigeant de l’industrie pétrolière : « Le fait inquiétant est que nous faisons face à une urgence conditionnant le futur. Mais il est impossible de déterminer des solutions réalistes tant que nous ne comprenons ni n’admettons l’ampleur du problème. « Climat Alerte Rouge » est une analyse équilibrée, sérieuse, de ce défi, dénuée de parti pris politique, qui propose un cadre réaliste pour affronter l’urgence. Cette étude devrait être lue par tous les dirigeants politiques et d’entreprise, ainsi que par les citoyens. Si nous avons une chance raisonnable de préserver une planète habitable, le rassemblement de nos efforts en urgence aurait du être entrepris depuis longtemps. Nous jouerons cette partie une seule fois, et il n’y aura pas de jeu d’essai. »

Note 1 Au sujet des récentes déclarations de James Hansen, lire :

-  Beck, A. (2007) “Carbon cuts a must to halt warming - US scientists”, Reuters, 13 December 2007


-  Borenstein, S. (2007) “Arctic sea ice gone in summer within five years ?”, Associated Press, 12 December 2007


-  Inman, M. (2007) “Global warming “tipping points” reached, scientist says”, National Geographic News, 14 December 2007


Source Carbone Equity

Fin de la citation


Ma question : n'y a-t-il pas des relents eugénistes nauséabonds derrière les "Amis de la Terre" ?

Merci de m'éclairer à ce sujet !


Posté par servumpecus à 14:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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